Encore, et toujours, Haussmann !

Les éditions Parigramme viennent de publier un ouvrage signé par Pierre Pinon, architecte et historien intitulé "Paris détruit". Le sous-titre est à lui seul un programme : "du vandalisme architectural aux grandes opérations d’urbanisme". Ce beau livre de 320 pages, à l’iconographie soignée, fait le point des destructions, surtout volontaires, qui ont émaillé l’histoire de la capitale. Et de citer le Palais-Rose de Boni de Castellane, la prison de la Petite Roquette, l’hôtel Hesselin ou le presbytère de Saint-Séverin, aujourd’hui disparus. Comme tant d’autres. Même si notre auteur fait le procès de l’alignement et du façadisme -et comme il a raison !- , on sent que son coeur le pousse vers les sociétés de sauvegarde et de protection du patrimoine, comme la Commission du Vieux Paris, dont il fait partie. Dans une interview au Figaro de ce jour, il cite ainsi Georges Pompidou comme premier (et dernier ?), "en terme de quantité" responsable des "destructions". Et bien sûr, Haussmann, bien sûr "en terme de qualité" du patrimoine détruit. Mais si Paris avait été au XIXème siècle la ville "classée" (peut on dire cadenassée?) qu’elle est aujourd’hui, quel serait aujourd’hui le sort de la capitale ? Une question que, parfois, on aimerait voir se poser…
Pascal Bonnefille
pbonnefille@immoweek.fr

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