Touchés cette semaine par les annonces d’austérité du Premier ministre, les professionnels de l’immobilier sont en plein désarroi. Voire pour certains, en colère, comme en témoignent les réactions dont nous publions, cette semaine, une synthèse dans la lettre Immoweek Logement. Et, après la taxation des plus-values immobilières, qui a peut être provoqué la mise inopinée sur le marché de quelques petites surfaces mais a surtout incité d’autres propriétaires à retirer leurs biens du marché, les intentions exprimées par le gouvernement n’auront guère été de nature à apaiser les craintes et à dynamiser le marché. Résultat : les perspectives, pour la fin de l’année 2011 et plus encore pour 2012 sont difficiles à envisager de manière sereine. D’autant qu’un autre motif d’inquiétude est aujourd’hui avéré : le comportement du marché du crédit, bouleversé par les données macro-économiques et la crise européenne. Alors que la production de crédits avait augmenté de 19,1%, sur un an, au premier semestre, le troisième trimestre enregistre un important décrochage, avec une baisse de 13,7 %. Au final, souligne le professeur Mouillart, auteur de l’étude que publie le Crédit logement/CSA sur le marché du financement, le montant des crédits immobiliers accordés par les banques devrait s’élever à “environ 155 milliards d’euros en 2011, soit une baisse de 8 % par rapport à 2010 (168,8 milliards), année proche du record absolu de 2007 (170,2 milliards)”. Un “attentisme” des acteurs financiers des marchés, un attentisme des acheteurs et des vendeurs que seules peut être des propositions politiques permettraient d’enrayer. La “crise du logement” est plus que jamais à l’ordre du jour ; les pouvoirs publics sont centrés sur la dette. Valeur refuge, mais aussi et surtout marché de nécessité, le logement, dans son acception politique, n’est pour l’instant guère présent dans le discours des candidats à la Présidentielle. Une vision politique et des propositions à long terme seraient donc les bienvenues. Le sujet mériterait même leur bienveillante attention…
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Catherine Bocquet